De Delhi à Jaisalmer

Arrivée nocturne à New Dehli

 Une arrivée tardive à New Delhi. Pour une première approche de l'Inde nous avions décidé de prendre un hôtel plutôt bien noté et un peu plus cher qu'une auberge de jeunesse. Notre chauffeur nous attend à l'aéroport. On avait lu et l’hôtel nous avait prévenu qu'il y a des "faux-taxis" qui peuvent vous embarquer pour vous dépouiller de vos affaires... Nous avions donc un "mot de passe" entre le chauffeur et nous. Sauf que voilà, nous sortons de l’aéroport et c'est une foule de taxi-man qui se jettent sur nous. Nous voyons enfin notre nom inscrit sur une pancarte. Le chauffeur arrive et s'empresse de prendre nos sacs. Nous les retenons et lui demandons le mot de passe. Pas de réponse. Il continue à vouloir prendre nos sacs. Connaissant ce qui peut se passer nous ne lâchons pas l'affaire ni nos sacs et exigeons encore une fois le mot de passe. Le chauffeur ne parle visiblement pas bien l'anglais et apparemment ne connaît pas ce fameux mot de passe. Il appelle alors l'hôtel et passe le téléphone à Nicolas. Après quelques minutes nous obtenons enfin ce code par téléphone. Nous décidons de suivre le chauffeur même si nous ne sommes pas sûr à 100%. Pour s'assurer que nous prenons la bonne direction nous lançons notre itinéraire avec Google Maps. Visiblement nous nous dirigeons bien vers l'hôtel. Ce trajet est un premier aperçu de la conduite en Inde. On a cru faire des accidents toutes les 5 minutes environ. Nous pensions avoir vu le pire niveau conduite en Amérique du Sud et bien non ! L'Inde remporte la palme d'or de la conduite dangereuse !! Aucune voie de circulation n'est respectée. Entre les voitures, les camions, les motos et les tuk-tuk, on peut se retrouver facilement à 3 véhicules sur la même voie. On roule à gauche ou à droite ? Peu importe le sens tant que ça passe ça ne gêne personne de rouler à contre sens ! Des klaxons incessants pour tout et rien, pour dire "attention je suis là" ou "accélère tu me gênes" mais en revanche ils peuvent se faire des queues de poisson personne ne s'énerve ou ne klaxonne... Il termine sa course par un "Good driver ?" tu réponds oui parce que tu es arrivé en vie et c'est déjà pas mal ! 

Notre hôtel paraît très chic et la chambre est assez classe, ça faisait bien longtemps que nous n'avions pas eu un lit digne de ce nom ! Il est déjà presque 2h30 du matin nous allons vite nous coucher car un gros programme nous attend.

 

Jour 1 : New Delhi

Il est temps d'affronter New Delhi de jour. Notre première mission est d'acheter notre billet de train pour Jaisalmer. Le système de train est assez complexe en Inde. Les trains sont pris d'assaut et il faut généralement réserver plusieurs semaines à l'avance si l'on veut se garantir une place. Mais il existe ici la "waiting list" (liste d'attente pour les non bilingues). Apparemment c'est très courant que des gens annulent leur billet de train (je crois que l'on peut se faire rembourser jusqu'à 90% du billet) et laissent donc leur place aux gens de cette liste. Nous avons vu des waiting list qui vont jusqu'à une centaine de personne.  Si vous faîtes partie des 50 premiers vous avez vos chances mais rien ne garantie que la place se libérera ! Il y a aussi différentes classes qui peuvent changer considérablement votre façon de voyager. Ca va de la première classe A1 en compartiment de 4 couchettes avec une porte qui se ferme à la 2S avec des chaises en bois et une nombre illimité de place, c'est à dire qu'on fait rentrer du monde autant qu'on le peut ! Pour comprendre les différences de catégories je vous conseille cet article.

 

 

 

La rue de notre hôtel au bruit des klaxons

Le décor nous replonge en Amérique du Sud et plus particulièrement en Bolivie, mais en pire. Il y a du monde partout, les voitures et tuk-tuk n'arrivent quasiment pas à circuler au milieu des gens. Il y a des étales de fruits et légumes sur chaque bout de trottoir. Pleins de petites guitounes mobiles qui préparent de la nourriture frit disposant de l'encens en plein milieu. Les rues sont très sales il y a pleins de déchets et aussi de fortes odeurs d'urines (ne provenant pas seulement des animaux). Il y a des chiens errants en piteuse état (frappés gratuitement par les hommes). Des nœuds de fils électriques qui pendent. Adieu Ô doux confort de l'Australie et autres pays développés. "Nous souhaitons être au plus près de la population locale", j'ai dit ça moi ??

Direction la gare. L'hôtel nous met en garde que beaucoup de personnes vont nous interpeller pour nous dire que le bureau est fermé et vont vouloir nous rediriger vers une agence de voyage où ils toucheront une commission. Nous voilà averti. À peine sorti de l'hôtel un homme se met à notre hauteur et commence à nous faire la conversation sur un peu tout et n'importe quoi. Il nous dit qu'il se rend à son travail puis commence à s'intéresser à nous. Lorsque l'on ralenti il ralenti aussi. On n'aime pas trop ça. Nous prétextons devoir faire quelques courses et nous nous arrêtons chez un marchand de fruits et légumes. Nous attendons quelques petites minutes et quand nous ressortons l'homme nous attendait sur le trottoir d'en face, visiblement il ne se rend pas au travail, c'est de nous suivre son job ! C'est très bizarre comme sensation, on est suivi par un inconnu qui veut à tout prix nous imposer une direction. On décide de ne plus l'écouter, d’accélérer et d'aller exactement là où il ne veut pas qu'on aille. Malheureusement ce n'est que le premier d'une longue liste de personnes qui souhaitent nous barrer la route. Et ils arriveront en quelque sorte à leurs fins. Nous trouvons la gare mais nous ne trouvons pas ce bureau dédié aux étrangers. Chacun nous balade un peu partout. Nous faisons le tour de la gare et une personne qui semblait sérieuse nous donne l'adresse. Bon bah ce n'était pas ça, on tombe sur l'agence touristique et tous ces rabatteurs autour de nous avec cette même technique "je te suis et je te fais la causette sur la pluie et le beau temps". Nous sommes forcés de nous arrêter à un moment pour leur demander d'arrêter de nous suivre ! C'est juste oppressant ! Nous abandonnons de trouver ce bureau et retroussons chemin assez agacé jusqu'à l'hôtel. C'est à ce moment là que nous repassons devant la gare et trouvons enfin la véritable entrée avec inscrit le bureau des étrangers ! On était juste à côté et tout le monde a voulu nous éviter d'y aller... Au final on a changé d'avis et on a décidé de prendre l'avion ! Alors oui beaucoup plus cher mais c'était 1h de vol contre 18h de train en catégorie sleeper...

 

Un autre fait que nous remarquons tout de suite, les hommes (parce qu'il n'y a quasiment que des hommes partout) ne me regardent pas et ne m'adressent pas la parole. Ça se traduit par "bonjour Monsieur, comment allez Monsieur" et ce même à l'hôtel ! Je me suis même vue grondée comme une enfant par un employé de l'hôtel à qui je demandais des renseignements car il voulait absolument parler à Monsieur et non à moi... Accueillant ! Ce sont ces petites choses qui nous mettent dans le bain dès le début !

Notre transport est réservé, nous irons à Jodhpur par avion. Nous pouvons enfin visiter New Delhi.

Nous nous sentons très seuls dans cette grande ville. Nous croisons seulement un ou deux backpakers comme nous dans les rues. Pourtant Delhi est très touristique. Puis nous comprenons vite quand nous voyons passer les bus touristiques. Les gens ne s'aventurent pas dans les rues, ils prennent un tour organisé et vont d'un point A à un point B. On se dit par moment que ce n'est pas plus mal vu les regards que l'on nous lance et cette sensation d'être suivi en permanence (oui on devient un peu parano après, on se fait vite des scénarios effrayants !). 

Nous marchons donc jusqu'à notre première visite, Jantar Mantar, un observatoire astronomique. Beaucoup de locaux viennent se poser dans l'herbe ici pour pique-niquer. Nous retrouvons du calme et de l'espace, ça fait du bien de respirer !

Une autre similitude avec l'Amérique du Sud, le prix des entrées. Ne soyez pas étonné vous paierez toujours beaucoup plus cher que les indiens ! Le Taj Mahal remporte la palme d'or avec une entrée 25 fois plus cher. Mais un conseil, essayez d'obtenir une carte d'étudiant, vous aurez souvent des tarifs réduits qui se rapprocheront des tarifs pour les locaux et ce un peu partout dans le monde.

 

Notre deuxième visite : GURDWARA BANGLA SAHIB ( je suis sûre vous n'avez même pas essayé de prononcer le nom !) est un temple sikh. Au premier abord on ne sait pas trop si nous avons le droit d'être là car il s'agit d'un lieu de culte. Les fidèles se déchaussent et embrassent le sol. Nous faisons discrètement le tour et voyons un bureau touristique.  Un guide nous propose de nous faire la visite des lieux gratuitement. On le suit. Avant de rentrer dans le temple nous devons nous déchausser, nous couvrir la tête et nous laver les mains et les pieds.  Nous rentrons ensuite dans le temple et observons les fidèles prier et chanter. 

 

Nous faisons ensuite le tour du bassin béni par le huitième Guru. Les fidèles s'y trempent les pieds, se mouillent le visage et se jettent de l'eau sur le dos.

Notre guide nous fait ensuite visiter la partie restauration. Ici des milliers de repas sont servis par jour gratuitement. Nous n'avons pas très bien compris par qui était financé toute cette nourriture. Chaque membre de la communauté sikhiste peut participer à la préparation de la nourriture. Il peut juste venir chauffer quelques chapatis (pâte à naan qui ressemble parfois à de la pâte à pizza et qui remplacerait le pain chez nous) ou rester plus de temps s'il le veut. L'essentiel est de participer et de donner de son temps. Le partage et le don de soi sont des valeurs fondamentales de la religion sikhiste.  Nous pouvons voir un réfectoire plein à craquer. Les repas sont servis sur plateau. Les gens mangent par terre en tailleur et avec les doigts. À l'extérieur plusieurs centaines de personnes attendent leur tour pour manger. Notre guide nous propose de goûter l'un des plats mais venant de voir un gros rat lui courir entre les jambes on se dit que l'expérience culinaire va attendre quelques jours de plus...

Notre guide finit par demander à Nicolas s'il veut lui aussi un turban, je réponds à sa place "Oh oui oh oui!!". Et voilà le résultat, un vrai indien ! Comme dirait le guide, "tu ressembles à un indien malade" !!

Nos repartons avec un grand sourire de cette endroit remplit de générosité envers leur communauté et la sympathie de notre guide sans aucune fois nous demander de laisser un pourboire, il avait simplement envie de nous partager ses croyances... Nous repartons la tête haute toujours muni du turban pour Nicolas. Dans la rue les regards changent, ceux qui semblaient fermés affichent un sourire et une sorte de fierté que Nicolas porte lui aussi le turban. Plusieurs fois on l'interpelle pour lui dire que son turban est vraiment beau et qu'il le porte très bien ! On se sent d'un seul coup poussé des ailes et libre de marcher dans les rues, comme si nous étions l'un des leurs. Arrivé à l'hôtel même constat, tous les employés le regarde. Dans l'ascenseur un homme lui dit "regardes toi dans la glace, regarde comme tu es beau". Bon il en a pris pour son ego ce jour là, mais ça fait du bien !

De retour à l'hôtel nous faisons notre premier repas indien (nous comprendrons par la suite que c'était assez cher). Et nous mangeons nos premiers naans, ce qui deviendra notre alimentation quotidienne ! C'est à ce moment là aussi que l'on comprend qu'il faut demander non épicé, pas la peine de dire un peu car même lorsque l'on dit "no spicy" bah ça nous arrache la tronche !! Les indiens disent que si ça ne pique pas c'est pas de la cuisine.. Mouais nous on dit que si l'on n'a plus de palais et qu'on sent plus rien bah c'est pas de la cuisine (oui pardon nous connaissons le raffinement nous en France!).

La journée se termine donc sur une note positive même si ce premier jour nous prépare à affronter la vie dans les rues de l'Inde. Les rencontres que nous faisons en voyage ont un impact important sur notre façon de voir et vivre le pays d'accueil.

 

Jour 2 : New Dehli

Aujourd'hui nous devons prendre le métro pour nous rendre jusqu'au Red Fort. L'entrée de métro que nous prenons est dans le vieux Delhi. Les sourires que nous avions la veille s'effacent pour laisser place à un sentiment de malaise. La sensation qu'on ne devrait pas se promener dans ces rues. Nous passons un croisement et c'est un changement de décor. Cette fois la pauvreté se fait encore plus ressentir et les odeurs sont encore plus fortes. Pas une femme dans les alentours, à part moi (et aucun autre touriste). Les hommes se lavent dans la rue avec une bassine d'eau, se frottent les dents avec des bouts de bois. Je sens les regards insistants posés sur nous.  Je finis par rester très proche de Nicolas et ne lève plus la tête pendant un moment. Je n'ai qu'une envie c'est de sortir de là. Puis nous arrivons au métro et là nous avons l'impression de changer carrément de pays. Dehors c'est un capharnaüm immense tandis que sous terre le métro est très propre et tout paraît neuf, digne du métro de Montréal. C'est assez incroyable. C'est aussi la première fois que nous voyons des panneaux "interdit de cracher" au même titre qu'il est interdit de fumer sous peine d'une amende. Cracher est quasiment un tic chez les indiens, une habitude corporelle qui s'accompagne de jolis râles, on adore ! Une fois sorti du métro, c'est le retour à la réalité avec un nombre surprenant de tuk-tuk nous interpellant pour nous emmener au Red Fort. " Bon les gars on est des touristes mais on le voit d'ici il est de l'autre côté de la route, on va peut-être pouvoir se débrouiller !". Enfin c'est sans compter le temps qu'il faut pour traverser la route. Le quoi ? Passage piéton ? Connaît pas. Ah si ils ont bien ces bandes blanches par terre, par contre ils ne doivent pas savoir à quoi ça sert. Alors c'est parti pour un slalome entre moto, tuk-tuk et voiture ! Tout devient une aventure en Inde !

Le Red Fort. Sur pratiquement tous les sites touristiques il y a un passage au scan pour nos sacs et une fouille corporelle. Les femmes et les hommes sont toujours séparés par deux files.  Je trouve l'entrée bien chère (500 INR) pour ce qui se cache à l'intérieur de ce fort. Mais le site nous permet de commencer à faire de jolis photos.

C'est ici aussi que commence aussi nos séances photos avec les indiens. Un groupe de jeunes nous demandent si nous pouvons faire une photo avec eux. On se prête au jeu tout en restant vigilant avec nos affaires. Si nous avions la photo on pourrait voir que Nicolas a les mains collées sur toutes ses poches de pantalon et que moi je tiens fermement des deux mains l'appareil photo que j'ai autour du cou... Bah oui vaut mieux faire attention ! Finalement on ne sait pas trop ce que les indiens pensent des touristes. Je pense que "la génération selfie" est beaucoup plus ouverte et apprécie que son pays s'ouvre au tourisme et que d'autres populations s'intéressent à leur histoire. En revanche les gens dans la rue ont un regard si insistant et sans sourire que l'on n'arrive pas à savoir si nous sommes les bienvenues ou non. On ne peut même pas dire qu'ils n'ont pas l'habitude de voir des touristes car ils arrivent par bus entier sur les sites.

 

Prochaine visite, la mosquée Jama Masjid. Pas vraiment de ticket officiel mais l'entrée est payante. On vous fera enlever vos chaussures. Pour les femmes il n'y a pas l'obligation de se couvrir la tête mais j'ai préféré le faire par respect pour la communauté. N'oubliez pas que voyager n'est pas seulement visiter, il faut savoir faire preuve de respect et d'intégrité même si cela ne correspond pas à vos croyances. Pensez à bien garder votre ticket d'entrée sur n'importe quel site que vous visitez. Bien souvent une personne va vous le redemander à la sortie. Ne le rendez pas et prétexté que vous voulez garder votre ticket comme un souvenir de votre visite. Il s'agit en fait de la revente de votre ticket. Il n'est pas déchiré à l'entrée et récupéré à la sortie puis revendu encore une fois et ainsi de suite...

Au niveau de la tenue, il s'agit encore une fois de bon sens. Si vous regardez les femmes autour de vous elles ne laissent pas apparaître leurs jambes ou leurs épaules. En revanche elles portent une tenue appelée Sari qui est trés élégante.

Nous nous déchaussons donc pour accéder à la mosquée. Il y a beaucoup de monde dont un bus de touristes français fraîchement débarqué. On prend quelques photos et on observe les croyants.

Et puis j’aperçois un groupe de jeunes filles indiennes qui se prêtent à une séance photo avec des touristes. Je vais donc à mon tour leur demander de prendre la pause avec moi et c’est volontiers qu’elles viennent se prendre en photo. 

Le site Swaminarayan Akshardhan

Un magnifique temple dont la seule photo que l’on pourra réalisée avec son propre appareil est celle-ci.

 

Il est interdit de rentrer sur les lieux avec tout type d’appareil électronique (téléphone, appareil photo, caméra), mais aussi sac à dos. Vous ne gardez qu’avec vous votre argent, vos bijoux et.. Votre ceinture. Vous devez donc déposer vos effets personnels et le système se veut très sécuritaire. On vous prend même en photo avec vos objets déposés. L’entrée au site est gratuite (oui bizarrement) et se fait comme à son habitude avec un passage au détecteur de métaux et fouille corporel (en deux files séparant les hommes des femmes).

 

Les lieux nous font découvrir la richesse de l’art indien, au travail minutieux et magnifique. Le monument principal est construit à partir de marbre blanc et de pierres roses. L’intérieur est rempli de sculptures inscrites dans le marbre. Tout autour du bâtiment se dessine une grande fresque montrant l’évolution du rôle de l’éléphant et notamment de son passage de la nature à la captivité causée par l’homme.

 

Appareils photos interdits mais ils ne sont pas fous, ils ont prévu l’attraction à touriste, l’achat de la photo fait par un « professionnel », bon bah oui on l’a fait aussi mais seulement parce que ça coûtait vraiment pas cher, genre 2 ou 3 euros…

 

Jour 3 : départ pour la ville bleue

Nous faisons donc au plus simple pour ce premier trajet, nous prenons l’avion. 1H30 plus tard nous voilà à Jodphur surnommée la ville bleue. En effet beaucoup de maisons sont peintes en bleues car cette couleur aurait la particularité de garder le frais et de repousser les insectes. C’est aussi notre premier tuk-tuk. Petite astuce pour les tuk-tuk, renseignez-vous toujours sur les tarifs en demandant à votre hostel par exemple. Vous n’aurez jamais le prix des locaux mais au moins ça vous donne une idée et vous permet de négocier le tuk-tuk (oui un tuk-tuk se négocie toujours !). Fini le bel hôtel de Delhi à 30 euros la nuit, nous voilà dans notre première guest house indienne. Vous êtes dans la maison d’une famille mais le service se rapproche de celui de l'hôtel. La grande mode en Inde se sont les rooftops (les terrasses sur le toit), c’est très sympa et ça offre généralement un beau panorama mais c’est aussi le lieu des restaurants. Nous avons donc élu l’Inde comme le pays qui nous faisait monter le plus d’escalier pour pourvoir mangé !! C’est un peu le sport obligatoire au quotidien « T’as faim ? Bouge tes fesses et monte ! ».

Notre premier lit indien ! On apprendra aussi qu'ils ne mettent pas de draps entre le dessous de draps et la couette... On a donc dormi dans nos sacs de couchage pendant 3 semaines.

 

Jour 4 : Jodhpur

 Premier point d’intérêt de la journée : Jaswant Thada. Il faudra se faire à l’idée que les entrées pour les étrangers sont plus chères.  Très joli palais entouré de quelques plus petits sites qui sont enfaîte des tombes de la famille royale. Oui c'est quand même mieux de le savoir quand tu prends la pause dessus non ?

 

Deuxième arrêt au Mehrangarh Fort. Le manager de notre guest house nous avait dit que l’entrée du fort était gratuite et que seulement le musée était payant. Cependant ce n’était pas l’avis des hommes de la sécurité nous avons donc du payer un ticket qui pourtant est bien écrit « museum ». Enfin bref le musée valait tout de même la peine puisqu'il s’agit de l’intérieur du fort.

 

Après ces petites vadrouilles nous retournons en ville et déjeunons à Namasté Café, un endroit super charmant où l’on mange très bien ! Le plus dur en Inde est de ne pas manger épicé (manger et pisser / manger épicé..... Non ok pardon je sors !) ! Nous nous sommes abonnés au naan, c’est un peu ce qui a remplacé notre baguette française pendant 3 semaines.

 

Nous partons l’après-midi découvrir la ville et son marché, on y croise des femmes qui vendent leurs tissus, des marchands de fruits et légumes et des étales d’épices. Le tout se jouant dans une infime proximité. Il faut savoir traverser les ruelles entre les tuk-tuks, les motos et… Les vaches capables à elles seules de couper la circulation. On se laisse le temps de prendre une terrasse et de regarder toute cette animation.

 

Jour 5 : Départ pour Jaisalmer

Il est temps de prendre notre premier bus de l'Inde. On s'est psychologiquement préparé aux transports en commun de l'Inde. On se dit qu'avec 6 mois passés en Amérique du Sud on est rodé, qu'on est habitué à la conduite dangereuse, qu'on a appris notre signe de croix avant de monter dans le bus, qu'il est normal d'être trois bus sur deux vois dans un virage dans les montagnes en pleine nuit, on est prêt quoi !

Alors l'Inde c'est à peu près pareil mais avec des petits grain de folie en plus, ils font les foufous, ils te rajoutent un bus complètement pourri, histoire que tu flippes pour ta vie avant même d'être dans le bus et puis après c'est le folklore des usagers. Le principe est simple : on remplit le bus tant que ça passe ! Bon déjà c'est aussi la première fois que nous voyons ça, le côté gauche du bus est composé uniquement de couchette à deux étages, et là c'est le bordel ! Ah bah tout le monde vient s’asseoir sur ton lit quoi ! On te pousse un peu pour laisser une fesse et ça ne dérange personne. Pendant tout le trajet ça ne fait que de monter et descendre, pendant 6 heures tu te sens légèrement oppressé. Et puis vient ton tour, bah oui on te fait comprendre de faire une place sur ton siège, donc on se retrouve à trois sur deux sièges, mais y a rien de plus normal pour eux (et toi en bon français "non mais j'ai payé mon siège il est à moi je partage pas !!"). Mais c'est ça l'aventure humaine les amis ! Être au milieu de la population locale et observer leurs façons de faire si différentes des nôtres. Bref, le bus local est à testé !! Ah aussi faut être prêt à entendre cracher pendant environ tout le trajet. Lors d'un autre trajet on était juste derrière le chauffeur est l'on a compté environ 3 crachas à la minute pendant... 6 heures ! Je sais même pas comment tu as tout ça dans ta bouche ! Beurk.

 

Pour acheter votre billet de bus il suffit de se rendre à la station de bus. Il y a des bus gouvernementaux avec 30% de réduction pour les femmes (les bus sont assez pourris mais ça se fait) et les compagnies privées où vous aurez du mal à obtenir le même tarif que les locaux. Mais bon en même temps ça ne vaut rien ! 3€ par personne pour faire Jodhpur - Jaisalmer.

"Terminus, tout le monde descend" ! Photo du trajet retour où notre "punition" pour avoir négocié le prix c'est d'être tout au fond sur la banquette et de ne pas avoir de vrais sièges (non c'est pas comme en France où t'es gosse et que t'es content d'être au fond !), on s'est cogné la tête sur les couchettes au dessus de nos têtes à chaque bosse et les locaux n'ont fait que de nous dévisager et se moquer de nous !

 

Bref, on a pris le bus en Inde. Nous voilà arrivé à Jaisalmer où il faut continuer à négocier le prix du tuk-tuk. Nous arrivons à notre Guest House où la nuitée est à un prix imbattable : 2.5€ la nuit pour deux. Sauf que pour ce prix là bah... T'as 4 murs, un lit et... Une meurtrière. Oui tu sais cette petite fente dans les forteresse, bah c'est ça ! Ah bah t'as tout le froid qui rentre dans la "chambre" mais moi je pense surtout à toutes les bébêtes qui peuvent venir dans le lit !! On a dû demander une couverture supplémentaire pour boucher ce trou.

 

Pour prendre un bol d'air avant de nous enfermer dans notre donjon nous partons manger au restaurant First Gate sur leur... Rooftop ! Une jolie vue sur le Fort de Jaisalmer. On a mangé un peu cher mais on a mangé pizza et gnocchi et c'était super bon ! On a d'ailleurs eu envie de pleurer en se demandant pourquoi on ne dormait pas dans ce super hôtel qui avait une odeur de spa, de massage et de hammam...

 

Jour 6 : Jaisalmer

Nous sommes venus à Jaisalmer principalement pour faire un petit séjour dans le désert du Thar, passer une nuit à la belle étoile et se promener à dos de chameau. Mais pour cette journée nous partons visiter la ville. Nous faisons quelques points de vue et nous perdons dans les petites ruelles.

" Quand tout à coup, le louuuup ! Ah non. Une vaaaaache". Leur petit kiff aux vaches c'est de se mettre en plein milieu pour embêter tout le monde ! Je suis sûre elles savent qu'elles sont sacrées et donc intouchables alors elles se permettent de faire le bazar ! Des sacrées vaches quoi (sacrées vaches / vaches sacrées... Je sors aussi ? Bon ok.) Vous avez de la chance, c'est la religion qui vous sauvent sinon vous auriez autant de valeur qu'un poulet !  En tout cas les indiens ne rigolent pas là dessus, c'est vraiment un crime de tuer une vache et de la manger! Les plats principaux sont donc souvent à base de poulet ou de moutons bien que beaucoup de restaurants soient complètement végétarien.

 

Jour 7 : Désert du Thar

Nous avions réservé notre tour 2 jours 1 nuit avec l'agence Thar Desert Tour et nous avions traité avec Kader par mail où nous avions pu négocier le prix. Il nous avait proposé de faire le tour en privé mais pour plus cher mais nous avions refusé et nous attendions à être avec plusieurs personnes. Sauf qu'à notre arrivée à l'agence nous étions que les deux ! Il n'y avait personne d'autres qui avait réservé (au final on a eu notre tour privé avec le tarif groupe). Premier point qui ne me rassurait pas, qu'on soit que les deux pour aller dans le désert en frontière avec le Pakistan. Youpi en avant les histoires ! On du attendre un peu avant de partir car la brume était si épaisse que l'on ne voyait rien. Nous embarquons donc dans une Jeep sans savoir vraiment où nous allions. Puis après une bonne demi-heure la Jeep nous arrête en bord de route à côté d'un mec et de trois chameaux. Bon je n'étais pas si enthousiaste que ça parce qu'on avait vraiment l'impression d'être lâché en plein milieu de nulle part, tout seul.

Nous tentons de faire connaissance avec nos chameaux. Nicolas se contente d'une petite tape amicale tandis que je propose un petit bisou ?

 

Nous commençons donc la balade au perché sur ces animaux en direction du désert.

 

Pendant tout le trajet les chameaux se prêtent à des selfies des plus alléchants.  Allez c'est parti séance photo de chameaux en période de rûte !

Première étape : le mâle appelle la femelle "Feeeeeeeeeeeemme!!!!"

 

Deuxième étape : une fois l'attention de la femelle captée, le mâle lui fait du gringue en luit faisant voir ses atouts....

Troisième étape : le mâle a l'air satisfait et les chicos en avant "Je crois bien que lui plais, je vais pécho !"

 

Bon je ne précise pas que j'étais la seule "femelle" aux environs, mais mon mâle à moi a su marquer son territoire!!

 

On s'arrête le midi pour déjeuner . Notre guide nous prépare des chapatis (un cousin du naan), du riz et des petits légumes dans une sauce bien épicée !!

Pour accompagner le repas il nous fait du Chai, ce sera l'un de nos premiers et sûrement pas le dernier ! On adore ça ! Il s'agit de thé noir, de lait, de gingembre, de poivre et de sucre. Trop boooon !! Le Chai du désert aura été le meilleur que l'on ait goûté en Inde.

On a des copines biquettes qui ont voulu s'incruster à notre petit festin ! Elles se sont contentées des épluchures et des restes.

 

Nous reprenons la route à dos de chameau et nous arrivons au désert. Allez serrez-vous, photo de famille !

 

Nous étions un peu déçu par le désert car l'on s'attendait à une étendue de sable à perte de vue. Il s'agissait en fait de quelques dunes à un endroit bien précis, comme si le tas de sable avait été déposé là. Nous nous baladons un peu dans les dunes et attendons le coucher du soleil.

 

Notre guide nous prépare à dîner autour d'un feu de bois mais veillons à lui demander que ce ne soit vraiment pas épicé histoire de réussir à manger un peu. La nuit est calme, nous entendons une fête de village un peu plus au loin et quelques autres touristes derrière une dune. La nuit tombe et à travers la lumière du feu, quand j’aperçois un tout petit animal passer à toute vitesse. Une souris ! Il y en avait même quelques unes. Panique générale pour moi, je les imagine déjà cette nuit rentrer sous les couettes et grimper dans mon pantalon ! Hypothèse que Nicolas ne réussira pas à me prouver le contraire. Notre guide nous prépare 5 couettes pour passer la nuit fraîche qui nous attend. Mais plus inquiétant que les souris, des chiens errants s'approchent de nous. Les souris passent encore mais je pris vraiment peur des chiens qui peuvent avoir un comportement très violent. Malgré le beau ciel étoilé ce n'est pas la meilleure nuit que j'ai passé, tendant l'oreille vers les bruits de pattes que faisaient les chiens et me couvrant le mieux possible pour qu'une souris ne passe pas. Bref, nous avons dormi à la belle étoile.

Nous voilà au petit matin content d'avoir survécu à cette nuit ! Bon maintenant on veut rentrer. Il faut précisé aussi que le chameau c'est encore moins confortable que le cheval, mais notre guide a décidé pour finir sur une touche "plus fun" de nous faire partir au galop. Avec Nicolas on se regardait et on avait juste envie de pleurer tellement ça nous faisait mal aux fesses. On a du lui demander d'arrêter. 

 

Nous rentrons donc sain et sauf de cette escapade au plus grand soulagement de nos mères qui nous voyaient déjà kidnappé et passé de l'autre côté de la frontière. À peine le temps de rentrer à Jaisalmer que nous nous rendons à la station de bus pour regagner Jodhpur. Prochaine étape, le bus direction Udaipur.

 

A très vite pour de nouvelles aventures !


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