Au cœur de la jungle et de la pampa

Nous avons longtemps hésité à nous rendre à Rurrenabaque, village de départ en Bolivie pour découvrir une partie de la forêt amazonienne. Pourquoi ? Bah pour les sousous que ça coûte ! Lorsque nous avons commencé à regarder les agences se disant « écotourisme »  nous avons vu des prix exorbitants atteignant parfois plus de 1000 euros les 6 jours. Au départ je voulais vraiment prendre une agence écolo qui servirait à préserver la forêt amazonienne mais l’argument financier a malheureusement été plus important. Il faut savoir que vous avez le choix entre la Selva et la Pampa.

 

La Selva c’est la rencontre avec la jungle, ses arbres, ses plantes et ses animaux si vous avez de la chance.

La Pampa c’est la découverte et la rencontre avec des animaux tels que les caïmans, les capybaras, les singes, les piranhas et différentes espèces d’oiseaux.

 

Vous avez des tours pour soit l’un soit l’autre ou des combos qui permettent de faire les deux comme nous l’avons fait. Il était certain que nous voulions voir les animaux mais nous avions peur de regretter de ne pas passer du temps dans la jungle alors on s’est dit tant pis on craque on fait les deux ! Le tour nous a coûté 1500 Bolivianos (environ 193€) / personnes mais à cela s’ajoute le prix des entrées aux deux sites soit 230 Bolivianos (29,50€). Nous avons réservé avec l’agence Escoprion Travel depuis internet. Il faut savoir et ce pour tous les tours, que les prix sont moins chers quand vous réservez sur place la veille que depuis Internet. Il faut bien souvent remplir les Jeep alors les prix baissent et vous pouvez mieux négocier en direct. Nous n’avons donc pas forcément eu le meilleur prix mais bien moins cher que d’autres agences et pourtant c’était génial !

 

Nous avons préféré notre expérience dans la jungle malgré mes 50 piqures de moustiques et mes démangeaisons nocturnes grâce à deux points essentiels :

1)      La qualité du guide

2)      Une météo favorable

Deux critères que nous n’avons pas eu la chance d’avoir dans la Pampa.

 

 

Autre élément d’information,  si vous venez à Rurrenabaque par voie aérienne, vous pouvez réserver vos vols les mêmes jours que le début et la fin de votre tour.  Le premier vol arrive à 8h10 et le tour commence vers 9h15 – 9h30 et pour le vol retour il y’en a un à 17h50 et vous revenez aux alentours de 16h30. Oui ça paraît peu de temps mais ne vous attendez pas à un aéroport, c’est une maisonnette et les avions peuvent transporter au maximum une vingtaine de personnes.

 

Jour 1 : Bienvenue dans la jungle !

 

Le réveil fut très matinal à La Paz pour prendre l’avion de 07h30 direction Rurrenabaque. 

 

Un petit vol magique puisque qu’on ne vole pas très haut ce qui permet de planer au milieu des nuages et d’apercevoir la majestueuse forêt amazonienne. 

 

Une fois arrivé sur place vous pouvez prendre le bus ou le taxi pour rejoindre le centre. Un taxi appelé par notre compagnie nous attend et nous emmène à l’agence pour 10 Bolivianos. Nous arrivons très bien accueilli par le personnel de l’agence et attendons 9h30 pour commencer le tour (vous pouvez aller prendre votre petit dej dans la ville, il y a une boulangerie qui s’appelle Paris où vous trouvez croissant et pain au chocolat, mais ne vous attendez pas aux mêmes saveurs que chez nous). Tania a été notre contact par mail et nous avait fourni une liste des choses à prévoir pour le tour (vêtements à manches longues, anti-moustique, moustiquaire, casquette, crème solaire, lunettes de soleil, maillot de bain, serviette, papier hygiénique, bouteille d’eau). Nous nous disons que nous sommes prêts à partir à l’aventure lorsque Tania nous emmène matelas de sol et sac à viande. Elle nous explique donc seulement maintenant que nous allons dormir au cœur de la jungle durant deux nuits et une au campement général. Première surprise on ne s’attendait pas à ça, mais pourquoi pas ça donne un côté un peu aventurier ! J’avais pourtant bien regardé photos et vidéos de la compagnie mais bizarrement je n’avais vu que des lodges avec des chambres et des lits. Apparemment ce n’est pas dans ce tour !

Nous voilà encombré par ces affaires supplémentaires et il est l’heure d’y aller ! 

Nous nous rendons sur une pirogue à moteur accompagné d’autres personnes.

 

Nous faisons de la pirogue pendant un certain long moment mais nous faisons un arrêt pour visiter une famille qui cultive la canne à sucre (pour 10 bolivianos). Nous allons tous chercher notre canne à sucre pour ensuite la presser dans une machine de l’ancien temps pour en récupérer le jus. Habituellement ils utilisent les chevaux pour faire fonctionner la machine mais puisqu’on est là on utilise les touristes. Alors les hommes forts se mettent à pousser l’engin !

 

 

Après tous ces efforts place à la dégustation ! Et.. C’est pas génial… Nous avons bu du sucre de canne en Colombie qui avait beaucoup plus de goût, mais bonne expérience. 

 

Nous sommes à une période de l’année où le fleuve est un peu asséché à quelques endroits et le niveau de l’eau est très bas, si peu profond que la pirogue ne peut continuer son chemin. Premier moment d’aventure, nous devons tous quitter la pirogue, enlever chaussures, remonter le pantalon et traverser le fleuve pour rejoindre la rive. Deux membres de la compagnie se mettent à pousser la pirogue pour l’emmener jusqu’au campement. Et déjà à ce moment là tu te rends compte que tu n’aies pas une aventurière dans l’âme car tu essaies d’essuyer minutieusement tes pieds pour ne pas les rentrer tout mouillés dans tes chaussures. Alors que ton guide il en a rien à faire d’avoir mouillé son jean qui lui colle bien à la peau avec cette humidité pesante. Nous arrivons 20 minutes plus tard au campement déjà épuisé et transpirant ! Nous rencontrons notre guide Lazaro pour nos trois jours de jungle. Nous ne serons que les deux dans ce groupe. Nous prenons le déjeuner et préparons nos affaires. Nous demandons très naïvement s’il y a des douches là où nous rendons, ce à quoi il nous répond qu’il n’y a pas de douches dans la jungle. Nous allégeons nos sacs en enlevant savon et serviettes. Nous avions pris mon gros sac de 55 litres (pour toutes nos affaires de 6 jours) et notre petit de 20 litres (pour partir à la journée). Oui mais voilà, Lazaro a bien remarqué notre gros sac et me lance à la fin du repas : « apporte moi ton sac que l’on mette les bouteilles d’eau dedans : » il me présentait un pack d’eau d’au moins 8 bouteilles d’un litre. Je retourne voir Nicolas pour le lui annoncer sur un ton qui laissait entendre que c’était sûrement une blague, mais non ce ne l’était pas. Nous lui demandons combien avons-nous besoin de litres d’eau, cette fois-ci il nous répond qu’il ne sait pas puisqu’il boit l’eau de la rivière. Nous croyons à une plaisanterie mais nous verrons plus tard que non, ce n’était pas non plus une blague. Nous devons prendre 7 litres d’eau dans notre gros sac et la nourriture pour 3 jours dans notre petit sac. Ca non plus on ne nous l’avait pas dit ! Alors en gros, plus votre sac est petit moins vous en porterez. Nicolas part avec un sac à dos qui pèsera près de 14 kilos pour marcher dans une jungle humide. Joie ! 

 

Un autre groupe suit le même chemin que nous pendant les deux jours dans la jungle et nous accaparent un peu notre guide qui donne plus d’informations que leur guide (leur guide fait même des « Aahh » comme les touristes comme si lui aussi venait d’apprendre la même chose que nous !). Et comme dans tout groupe il y a forcément la/le pénible ! Celui qui pose toujours des questions et enchaîne sur une autre question sans même que le guide ait fini de répondre à la première. C’est celui aussi qui pousse toujours des « OOOHHH » d’émerveillement dès que tu lui apprends ou que tu lui montres quelque chose. S’en était si ridicule que cette personne s’exclamait même quand tu lui disais ton prénom ! Bref la relou était bien là avec nous pendant 3 jours !

 

Nous marchons donc à travers la jungle, découvrons des traces de jaguar sur notre chemin datant de 2 jours, des énormes fourmis pouvant vous paralyser durant 24 heures, des champignons appelés « oreilles de singe », un pont appelé « le pont des araignées ».  Sur le chemin Lazaro nous fabrique un porte-bouteille en 5 minutes à l’aide de quelques feuilles.

 

Nous arrivons à notre campement. Je ne sais pas à quoi on s’attendait mais j’avais l’espoir d’un autre vrai campement avec des wc, cuisines, lits, comme au campement général et en fait non. C’était juste 4 bouts de bois et une bâche pour faire un toit. Tout le monde avait pris son maillot de bain sauf nous ! C’était l’heure de la douche. Tant pis on sentira mauvais pendant 3 jours ! Nous installons donc nos affaires pour la nuit. Nous sortons nos moustiquaires et lorsque Lazaro les voit il nous dit que les trous sont beaucoup trop gros et que l’on ne peut pas dormir avec ça, il nous prête la sienne pour les 2 nuits dans la jungle.

 

Lazaro a 26 ans, il est guide depuis qu’il a 12 ans. Il connaît parfaitement la jungle, c’est son grand-père qui lui a tout enseigné. Il écoute chaque bruit, pousse des cris pour parler aux animaux et connaît toutes les plantes que nous voyons. Il a aussi beaucoup d’humour et c’est ami que nous nous sommes fait ici. Un vrai homme de la jungle !

 

Lazaro nous prépare le repas autour d’un feu de bois et nous fabrique un éventail pour nous aider à surmonter l’humidité oppressante. Nous partons la nuit pour aller pêcher dans la rivière à l’aide d’un fil de pêche accroché à un morceau de bois.

Nous partons avec la frontale et nous nous installons par deux chacun à un spot et nous attendons que ça morde. Quand les frontales s’éteignent et que nous nous retrouvons dans le noir complet, la situation devient très angoissante, derrière nous il y a la jungle et tous ses bruits de feuilles et de craquements de branches, en face de nous la rivière et par moment les yeux jaunes des caïmans. Je commence à paniquer et à trouver cette attente très longue ! « Mais y en a pas un qui veut pêcher un poisson qu’on rentre là !! ». Je commence à chanter n’importe quoi tellement j’ai peur et que je veux rentrer à la maison ! « La nuit est chaude, elle est sauva-age, la nuit est belle ». Peut-être qu’avec ma voix de casserole je ferai fuir les bébêtes.  Les frontales se rallument, notre homme de la jungle Lazaro vient d’abattre une raie (pas une raie manta mais une vilaine raie immangeable) à l’aide d’un coup de machette sur le carafon ! Et bim comme ça juste au-dessus de l’eau il a réussi à la tuer, juste pour nous la montrer. Je pensais que ça sonnait la fin de l’expédition nocturne mais non on continue à attendre désespérément une touche dans le noir complet. Puis vient l’heure de rentrer, ouais !! Nous nous installons dans nos sacs à viande, enlevons deux trois fourmis venus sous la moustiquaire et essayons de nous endormir sans penser à toutes les bébêtes qui nous entourent. Pendant ce temps là Lazaro est parti pêcher sur un autre côté de la rive tout près du campement. Une demi-heure plus tard il revient avec un saumon et deux poissons chats. Ce sera notre repas de demain.

 

 

Jour 2 : Entre jungle, moustiques et plage

Réveil matin, Lazaro est en train de vider les poissons à la main ! Humm mais où sont mes tartines sivouplaiiii ?! Il envoie Nicolas les rincer dans la rivière, ça c’est du réveil ! C’est donc un petit dej riz poisson qui nous attend. Le saumon est trop bon et le poisson chat, c’est pas mauvais mais ça ne vaut pas le saumon. Nous découvrons la technique de cuisson de Lazaro à l’aide de quelques grandes feuilles, des bouts de bois, il ficèle le tout et c’est parti pour la cuisson au feu de bois.

 

Pendant que je range un peu notre campement je m’aperçois tout à coup que j’avais une copine tout près de là où je faisais dodo. Hum tu es bien grosse et velue toi ! Pas bouger gentille araignée… 

 

Nous partons la matinée pour pêcher un peu plus loin que la veille. 

 

Voyant que ça ne mord pas Lazaro nous change d’emplacement. Oui mais voilà, il faut traverser la rivière. « Mais Lazaro il n’y a pas des caïmans ici ? » « Que la nuit, la journée ils ne sont pas là ». Ah bon, nous espérons alors qu’un des caïmans ne déroge pas à la règle et n’ai pas envie de faire le foufou !

Lazaro nous dit d’enlever nos chaussures et de remonter nos pantalons car nous aurons de l’eau jusqu’au genou. Erreur ! Jusqu’aux fesses oui ! Nous ressortons le pantalon trempé.

Lazaro me fait remarquer de vite redescendre mon pantalon car je suis en train de me faire dévorer par des sandflies… Mais qu’est ce que c’est ? A première vue ça a l’air d’un moucheron, c’est tout petit et tout noir. Mais en réalité cet insecte fait parti de la famille des moustiques ! Il vous pique sans rien sentir aux abords des rivières de la jungle et malheur à vous si vous vous grattez car le petit point rouge se transforme en un énorme bouton qui vous démangera pendant plus de deux semaines (croyez moi je sais de quoi je parle, au moment où j’écris je subis encore des démangeaisons). 

 

Pas suffisant comme argument ? Je pense qu’une photo vous mettra tous d’accord.

Donc vous l’aurez compris il était trop tard pour moi et le supplice de la démangeaison peut commencer.

 

 Nous partons donc pêcher mais nous ne sommes toujours pas chanceux. Lazaro a beau craché sur son appât et crier « Chula Pachamama » (Chula signifiant la chance et Pachamama la déesse terre-mère) nous rentrons bredouille au campement. Une des filles de l’autre groupe était malade et n’est pas venue avec nous. Lazaro est allé chercher des plantes et lui a dit de se soigner avec. Son mal est passé dans la journée ! Nous revenons le temps de manger et de ranger le campement pour continuer notre escapade dans la jungle. Nous nous arrêtons plusieurs fois lorsque Lazaro entend des bruits et aussi pour nous expliquer les plantes médicinales. Il nous montre d’ailleurs une plante qui a un effet anti-moustique (dont je ne me rappelle plus le nom), ça a la texture d’un gel qu’il faut s’étaler sur les zones sensibles. Une autre petite plante en forme de bille appelée noix de lavage qu’il suffit de mélanger avec de l’eau et de frotter pour que cela mousse comme du savon ! 

 

Un petit arrêt dégustation pour manger… Des termites ! Hum pleins de protéines ! C’est si petit que l’on ne sent presque rien ! Nicolas a l’air d’aimer il y revient plusieurs fois (bientôt vidéo à l'appui). Nous marchons quelques heures dans la jungle et nous atterrissons sur une plage : c’est ici que nous dormirons. Lazaro et Nicolas vont chercher des lianes et du bambou pour construire le campement et moi je me charge de trouver du bois pour préparer le feu de ce soir. 

 

Une fois le campement installé je me réfugie sous la moustiquaire. Ici il y a plus de moustiques et sandflies que dans la jungle et je ne supporte déjà plus mes piqûres. Nicolas part de nouveau pêcher avec Lazaro de nuit pendant que nous voyons les yeux jaunes des caïmans dans la rivière en face de notre campement. 

 

Jour 3 : Plantes médicinales et art artisanal

 

Le lendemain matin c’est festin ! Lazaro nous prépare « El pan de la Selva » de super bons beignets, bon qui croustillent un peu avec du sable mais on fait comme on peut ici dans la jungle ! Nous rangeons le campement et repartons tranquillement dans la jungle pour rejoindre le campement général.

Sur le chemin Lazaro remarque que je me démange et que je n’en peux plus. Il se met alors à chercher l’arbre ajoajo puis il découpe quelques écorces qui au passage ont une forte odeur d’ail et me dit de me frotter les piqûres avec. Ça m’apaise un temps mais ça reprendra de plus belle quelques heures après. Lazaro prend le temps de nous expliquer comment sont utilisés les arbres que nous rencontrons. En face de nous sur la droite, un énorme, gigantesque et très vieil arbre est utilisé pour construire les pirogues, et à gauche à deux mètres de cet arbre,  un très grand arbre toxique, utilisé pour la chasse. Lazaro donne un coup de couteau dans l’arbre et l’on peut voir un liquide couler. Ce liquide est utilisé comme poison sur les flèches pour tuer des animaux. La mort arrive en moins de deux minutes. Si vous mettez ce liquide sur quelque chose et que vous le jeter dans l’eau vous verrez dans les minutes qui suivent plusieurs poissons remonter à la surface. Alors surtout ne toucher pas les arbres sans demander des infos à votre guide.

De retour au campement général c’est le bonheur ! Nous retrouvons cuisine, hamac et lit. Au bout de trois jours de sueurs et d’humidité on se décide à laver notre linge dans la rivière et pendant qu’on y est à se laver aussi.  Je pars donc pieds nus, serviette en guise de robe, la bassine à la main jusqu’à la rivière pour laver notre linge. On se croirait à une autre époque ! Le linge terminé nous prenons nos maillots et le savon pour se laver. Nicolas commence le premier pendant que je pleurniche parce que des petits poissons viennent me pincer les cuisses ! Et là, c’est le drame ! Nicolas fait tomber la savonnette dans l’eau boueuse ! Impossible de voir le fond et impossible pour nous de plonger la tête dedans ! Me voilà fine en colère car je suis dans la rivière et que je ne peux même plus me laver ! Nicolas s’en va me trouver une solution et revient avec… Du produit vaisselle en poudre. Au point où on en est je le prends ! Mais cette fois-ci je m’installe dans la pirogue et ramène de l’eau à l’aide d’un seau.  Bref expédition douche terminée !

Nous passons l’après-midi avec Lazaro pour nous confectionner des colliers avec une dent de caïmans, comme des vrais guerriers ! Lazaro nous racontera que c’est lui qui est allé chercher ces dents de caïman et nous montrera sa morsure au mollet. On y croit ou pas mais pour nous c’est notre homme de la jungle, un vrai fou ! Nous nous mettons au travail Nicolas et moi à l’aide d’une fourchette nous perçons chaque petite perle (les perles proviennent des fruits des arbres). On en a des ampoules aux pouces ! Pendant ce temps Lazaro nous confectionne des bagues à l’aide de toutes petites noix de coco. A l’intérieur de chaque petite noix se trouve une larve que vous pouvez manger. Cette fois-ci on ne s’y est pas tenté. Lazaro ponce la noix de coco, lui donne une forme de bague, la frotte dans la terre pour la faire briller, un peu de cendre par-dessus et voilà le tour est joué ! Il a même célébré notre mariage de la Selva, si ce n’est pas mignon ! Et pour la soirée, encore et toujours de la pêche nocturne où je pète un câble avec les moustiques et les araignées. Ce soir on innove pour l’appât, c’est grenouille vivante !

 

 

Jour 4 : Au revoir Selva, bonjour Pampa !

 

Réveil matin 4h30, nous devons marcher pour rejoindre la pirogue qui ne peut venir jusqu’au campement par manque de profondeur. Nous admirons le lever du soleil au milieu de la rivière entouré par la jungle.

 

De retour à Rurrenabaque nous avons une heure de battement avant de partir pour la Pampa et donc le temps de racheter un savon ! Nous faisons la connaissance d’un couple hollandais avec qui nous allons partager les trois prochains jours. Nous embarquons pour 2h de Jeep sur de la piste où Nicolas essaie quand même de piquer un petit somme. Nous rencontrons notre guide Loïs et nous embarquons avec le personnel de notre campement dans une pirogue. Pendant 1h30 nous ne savions plus où donner de la tête. A notre gauche des caïmans, à droite des capybaras,  le chant d’oiseaux exotiques, l’apparition de dauphins roses, des petits singes venus nous piquer des bananes. Une balade riche en découverte !

 

Nous arrivons en fin de journée à notre lodge où il y a déjà plus de confort que dans la jungle : oui oui il y a des douches !! Bon l’eau est froide mais on ne va pas se plaindre.  

 

Nous partons rejoindre d’autres touristes pour profiter du coucher de soleil. 

 

Quand nous arrivons quasi tout le monde avait une bière à la main. Notre guide à nous a omis de nous préciser d’emmener de l’argent. Oui Loïs est un grand bavard… Et n’aime pas tellement expliquer les choses. A part nous donner le nom des animaux nous n’avons rien appris si ce n’est qu’en posant des questions. L’heure du dîner arrive et c’est un festin ! Il y a une quantité hallucinante de nourriture et en plus c’est bon ! Mais vous saurez que rien n’est perdu, le personnel de cuisine attend que vous finissiez pour manger les restes… Après le repas nous partons pour une virée nocturne et regarder les yeux jaunes des caïmans. C’est incroyable toutes les petites lumières jaunes qui s’allument. Nous partons sous une nuit étoilée dans un calme paisible jusqu’à ce que l’on entende vraiment plus rien, ni même le bruit qu’est censé faire le moteur. Nous demandons si tout va bien à Loïs qui nous répond oui oui sans un air très rassurant. Quelques minutes avant la panne nous lui avons demandé quand est ce que chassaient les caïmans et il nous avait dit la nuit. Nous voilà dans le noir complet, à l’arrêt au milieu de la rivière, entouré de caïmans pendant leur heure du dîner. Imaginez qu’on ne faisait pas les malins. Loïs fini par nous dire que nous allons faire demi-tour et rentrer cela devient dangereux. Ah bah oui nous n’avons pas bronché ! On rentre à la pagaie.

 

 

Jour 5 : Dauphins roses et piranhas

 

Nous nous levons assez tôt pour nous rendre à un spot pour admirer le lever du soleil. Nous entendons un guide annoncé qu’il va pleuvoir, nous demandons alors au nôtre et il nous dit que non. Résultat nous nous prenons une énorme averse quelques minutes plus tard.

Au moment du petit déjeuner nous recevons la visite de deux petits singes venus voir s’il n’y avait pas quelque chose à manger pour eux. Attendri par les petits ouistitis nous partageons notre repas avec eux. Attention il ne faut leur donner que des produits naturels, tout aliment transformé par l’homme a des conséquences sur leur santé, ils peuvent en perdre leur pelage.

 

Nous devions aller à la recherche de l’anaconda ce jour là mais puisqu’il pleuvait tellement nous avons changé nos plans, on irait demain. Nous sommes obligés d’attendre que l’averse passe.  Une fois la pluie arrêtée, nous partons en pirogue pour aller nager avec les dauphins roses. Notre guide nous dit que lorsqu’il y a les dauphins roses il n’y a pas de caïmans dans l’eau sur le même territoire. Mouais à moitié convaincu nous ne tentons pas la baignade dans l’eau marron où ne pouvons rien voir. Nous regardons donc d’autres personnes se jeter à l’eau et crier toutes les deux secondes dès qu’elles sentaient quelque chose. Nous regardons un peu aux alentours et oh tiens un caïman qui rentre dans l’eau à pas plus de 5 mètres du dauphin que nous venons de voir !! Le caïman est relativement loin des barques mais quand même ! Il ne doit pas non plus y avoir de piranha, sauf que nous en voyons un sauter juste devant notre guide… On se dit que ça ne vaut pas le coup de prendre des risques inutilement surtout que les dauphins ne s’approchent jamais de nous.

 

 

L’après-midi nous partons pêcher le piranha ! Nous espérons avoir plus de chance que dans la jungle… Nous essayons de trouver un endroit où stopper la pirogue sans trop de caïmans autour. Un petit bout de viande à l’hameçon et en moins de 10 secondes nous sentons que ça vient picorer. A plusieurs reprises nous remontons la ligne sans rien au bout. De vrais voraces ! Au final nous réussissons à pêcher quelques poissons. Le guide en a plus de 6, Nicolas juste un (les autres se faisaient la male juste avant de remonter sur le bateau) et pour moi 4 poissons ! Nous voilà avec une belle brochette pour dîner ce soir. On en aurait presque oublié la présence des caïmans dans l’eau.

 

Le soir nous ne sommes pas peu fiers de manger notre pêche du jour mais je vous avoue qu’il n’y a pas beaucoup de viande sur le piranha ! 

 

Jour 6 : Dernier jour

 

Il ne fait pas très beau pour ce dernier jour mais nous partons tout de même à la recherche de l’anaconda en s’obstinant à demander conseille à notre guide à savoir s’il pense que nous avons besoin des ponchos. Il ne pense pas. Nous prendrons tout de même les ponchos. Il pleuvra des cordes.  C’est donc peine perdu pour rencontrer l’anaconda qui ne sort de l’eau que lorsqu’il fait chaud et beau. Nous passerons 2 heures à chercher dans la boue et les hautes herbes puis nous rentrerons bredouille et trempé. Nicolas a pourtant bien essayé et bien cru le trouver ! Il voit quelque chose descendre dans le marais et en informe le guide. Il se dirige avec son bâton dans le marais, fait des remues et à ce moment là Nicolas me dit « c’était peut-être un alligator que j’ai vu… » Le guide revient en nous disant qu’il n’y a pas d’anaconda et s’aperçoit qu’il y avait effectivement un alligator à quelques mètres de lui qui s’était réfugié sous des branches d’arbre. Le guide nous explique (pour une fois) que  parfois des guides d’autres agences (évidemment) capturent un anaconda le glisse dans un sac plastique et le dépose sur le chemin de l’autre guide pour faire croire aux touristes qu’ils en ont trouvé un ! On avait effectivement lu cette histoire sur un blog avant de partir.

Nous repartons à midi pour rentrer sur Rurrenabaque encore et toujours sous une gigantesque averse. La suite du trajet vous a raconté dans notre article Nos VDM Boliviennes.

 

 

En conclusion nous avons adoré notre expérience dans la jungle et de loin nous avons préféré la jungle à la pampa pour le guide et la météo qui a été en notre faveur. Néanmoins même sans les explications du guide, c’était fascinant de voir ces animaux exotiques si proche de nous et parfois même effrayant à certains moments. Les regrets que j’ai c’est de n’avoir pas vu de perroquets, de mygales (ouuuh) et d’anaconda. Mais nous ne sommes pas dans un zoo, nous ne pouvons pas voir les animaux à tous les coups !

 

A très vite pour de nouvelles aventures !


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